Pote : Lac D'Anan

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Mon ami d'enfance lac d'Anan

Par Ostro


 

    L’Homo Arborus. Un monument végétal, au carrefour entre le chêne antique et le prêtre celte. Celui ci possède une curiosité arboricole, une branche rétractable, qui le distingue clairement de l’arbre. Ne vous en approchez pas sous peine de vous voir éclabousser de sa sève. Un métabolisme quasi-végétal qui dissimule une pointe de neurasthénie, que le poète nomme spleen ou mélancolie. Illustration très juste du faux calme. Ne vous méprenez donc pas : derrière son écorce se cache un être insurrectionnel aux nombreuses ramifications. Pour preuve ses affinités idéologiques. Ne s’est-il pas d’ailleurs laissé séduire par un petit facteur, plus bariolé de rouge que de jaune (PTT), un certain dénommé Besancenot ? Gageons que les effets des mauvaises herbes qu’il laisse croître à ses racines, lui fassent adhérer à pareil pantin, et alimentent son esprit de révolutions létales. Une manière de pallier à sa posture statique j’imagine.

 
 
 

 

 
 
 

Il se tient là devant vous. Immobile et fort pareil à la montagne dans le blizzard. Burp ! Il a des remontés acides. Le mythe s’estompe un peu, mais la biodynamique de l’homme arbre fait son effet : un beau grand tronc blond aux traits doux dont la ramure de blé évoque ces peuples barbares venu du nord, les vikings. Un viking atypique, un peu couard, qui préfère le verdoyant mutisme à la parole mais dont la fuite ne permet pas d’éviter les précipitations acides.

 
 
 

 

 
 
 

Il prêche sans relâche une politesse citoyenne dans les rapports sylvestre et sociaux. Celle la même qui améliore le quotidien de la Grande Forêt auquel il appartient et qui fait cohabiter renards, escargots, sangliers, cerf et furets. Il a raison ce grand blond étourdi aux allures de Pierre Richard. Une gueule d'ange qui néglige sa mousse (barbe) pour gagner en férocité, sans parvenir toutefois à se soustraire à cette image cupidonesque d’un Michel Ange qui lui colle à l’écorce (visage).

 
 
 

 

 
 
 

S’il existait une victoire de la communication, nous ne voyons aucune chance pour qu’il soit nominé. Mais à l’inverse, il cumulerait tout les oscars pour son rôle très remarqué dans « l’interprétation du silence » ou « un silence pénétrant ».  Désigné muettement comme porte parole de ses intuitions, force est de reconnaître que retranscrire le ressenti en mots se révèle une pratique excluant les bûcherons.

 
 
 

 

 
 
 

Les femmes le remarquent quand lui ne remarque rien. Encore cette ingénuité si personnelle. S’il était plus loquace, nul doute qu’il se muerait en grand séquoia ou en séducteur Florentin…

 
 
 

 

 
 
 
Par le passé, notre relation fut déracinée par les charmes d'une fée qui se révéla être une sorcière. A défaut de faire usage de ma hache, j’ai travaillé mes enchaînements droite/gauche, gauche/droite contre son tronc mais cela n’engendra que des mauvaises herbes. La farandole des saisons a reverdi tout cela. Je l'aime, mon portrait est donc sous le sceau de la passion. Il préfigure une nouvelle race d’autiste : l’autiste conscient, avec les facultés mathématiques de Rain Man moins évidentes. La bonne question ce n'est pas quel est son problème mais quel est son bonheur ?

 

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Publié dans H O M M E

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